Galerie d'images #6

Il est très rare de trouver chez un même collectionneur tous les outils qu'un sculpteur sur bois peut désirer. J'ai vu la plus belle série d'outils de sculpteurs chez M. Bruno Vaillancourt de Sorel-Tracy, Qc.,Canada. Ces outils appartenaient à son arriere-grand-père Joseph-Louis Israël Pagé et il les conserve soigneusement et précieusement. Peut-être a-t-il hérité, en plus des outils, du talent de son aïeul ? A vous de juger.

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Dixit Bruno Vaillancourt : "Je suis né à Verdun en 1937. Arrivé à Sorel-Tracy en 1942 j'y ai fait mes premières études. Je fais des études techniques en électricité à Sorel-Tracy et à Montréal. Puis, je m'inscris à l'Institut des Arts Appliqués de Montréal en décoration et en ébénisterie. Je continue des études de pédagogie en Arts plastiques aux Beaux-Arts de Montréal. J'enseigne alors en arts plastiques jusqu'en 1987 année où je me réoriente en infographie et en art publicitaire auprès des adultes. Attiré particulièrement par la sculpture, j'explore des médiums plus modestes avant de m'aventurer vers 1983 dans le bronze avec toute sa complexité. Je fais l'apprentissage de ce rigoureux métier chez le fondeur Serge Bourassa de St-Robert."

Ici deux groupes de boeufs musqués en bronze. Ces sculptures font parties d'un groupe de 11 pièces coulées à la cire perdue par Bruno Vaillancourt.

 

Joseph-Louis Israël Pagé (1842 à 1921)

Il travailla à la compagnie du Grand-Tronc, compagnie ferroviaire qui construisit les luxueux wagons de passagers Pullman entre autres. Ces wagons étaient décorés de boiseries sculptées et parés de tissus luxueux. Le Grand-Tronc était une compagnie de la Couronne (gouvernementale) et de ce fait, le sculpteur Pagé a travaillé à l'exécution des boiseries sculptées de la bibliothèque du Parlement à Ottawa terminée en 1876.

Anecdote concernant la petite ébauche de gauche : Par pur plaisir, le sculpteur Pagé, tout en jasant assis dans sa balançoire avec le quêteux du village de St-Ours, avec son canif, il sculpta la tête de son invité dans un morceaux d'écorce de pin.

 

Les 157 gouges sont classées dans un petit meuble à tiroirs. Une poignée solide et commode permettait le transport d'un lieu de travail à un autre.

 

Les ciseaux plus petits occupent les tiroirs supérieurs. Tous les profils désirables y figurent. Mais ce qui attire d'avantage mon regard ce sont les poignées ou les manches. Tous sont différents, tous sont magnifiques. Autant les essences locales qu'exotiques sont utilisées. C'est ce qui rend cette collection unique.

 

 Remarquez les manches de ces outils. Certains sont confectionnés d'un assemblage de 5 essences différentes. Une oeuvre en soi !

 

Le terme "gouges" est utilisé d'une façon générale. Il inclut : les fermoirs (ciseaux, droits et obliques), les gouges droites , les gouges contre-coudées, les cuillères, les queues de poisson et les burins.

 

En plus de cette extraordinaire collection d'outils, un coffret contient toutes les pierres requises à l'affûtage de ces gouges.
Il y a ici des échantillons de patrons, des gabarits et des maquettes de sculptures utilisés par le sculpteur Pagé. Ces pièces étaient dans le coffre d'outils.
Il convient de montrer ici, comme exemple d'un travail minutieux, une badine crée par le sculpteur. Elle est faite de différentes espèces de bois et elle est magnifiquement incrustée. M. Vaillancourt l'a obtenue plusieurs années après avoir reçu les outils.